(et pourquoi c’est une bonne nouvelle)
Quand on monte son entreprise, on s’attend souvent, naïvement, à un minimum d’enthousiasme de la part de ses proches. Pas forcément à des applaudissements, mais à de l’encouragement. Un “bravo”. Un “c’est génial ce que tu fais”. Un signe, même discret, qui dirait : je te vois, je te soutiens.
Et puis, la réalité arrive.
Au lieu de ça, il y a des silences. Des regards inquiets. Des questions déguisées en conseils.
“Tu es sûre que c’est une bonne idée ?”
“Et si ça ne marche pas ?”
“Tu avais quand même une situation stable avant…”
Parfois, c’est plus frontal. Parfois, on te pousse carrément à renoncer. À “revenir à quelque chose de sûr”. À ne pas prendre trop de risques.
Et là, une incompréhension profonde s’installe.
Pourquoi ceux qui me connaissent le mieux sont-ils les moins enthousiastes ?
Pourquoi ceux que j’aimerais rendre fiers sont-ils si réticents ?
Beaucoup d’entrepreneurs vivent ça. Et beaucoup le vivent mal.
Le malentendu fondamental
Ce que l’on oublie souvent, c’est que les proches ne regardent pas ton projet avec les mêmes lunettes que toi.
Toi, tu vois une vision. Une possibilité. Une envie de construire quelque chose qui te ressemble.
Eux voient un risque. Une rupture. Une instabilité potentielle.
Ils ne voient pas ton ambition.
Ils voient ce que tu pourrais perdre.
Ils ne voient pas ton projet.
Ils voient la peur que tu échoues, que tu te fatigues, que tu te mettes en danger.
Et cette peur-là n’est pas rationnelle. Elle est émotionnelle.
Tu ne représentes pas seulement une entrepreneure en devenir.
Tu représentes leur fille, leur sœur, leur amie, celle dont ils connaissent l’histoire entière.
Quand tu changes de trajectoire, tu viens bousculer un équilibre. Le leur aussi.
Pourquoi ils ne deviendront (presque) jamais tes clients
C’est un point que beaucoup d’entrepreneurs refusent d’admettre, mais qui mérite d’être dit clairement : les proches sont de très mauvais clients.
Pas parce qu’ils sont méchants.
Pas parce qu’ils ne croient pas en toi.
Mais parce qu’ils te connaissent trop.
Ils ont accès à toi gratuitement.
Ils connaissent tes défauts avant tes compétences.
Ils t’ont vue hésiter, douter, changer d’avis.
Ils t’ont connue “avant”, parfois même “quand tu n’étais pas fiable”.
Et surtout, ils ont souvent une attente implicite : que tu sois disponible. Que tu rendes service. Que tu aides. Que tu fasses “un petit truc vite fait”.
C’est comme ça qu’on se retrouve à travailler gratuitement pour ses proches.
À rendre service.
À s’épuiser émotionnellement.
Et parfois à ressentir une forme d’ingratitude.
Mais ce n’est pas de l’ingratitude.
C’est une confusion de rôles.
Le vrai problème n’est pas leur manque de soutien
Le vrai problème, ce n’est pas que les proches ne soient pas enthousiastes “comme on voudrait”.
Le vrai problème, c’est qu’on essaie souvent de leur donner un rôle qui n’est pas le leur.
On voudrait qu’ils soient :
- clients,
- ambassadeurs,
- soutiens inconditionnels,
- validateurs de notre légitimité.
Alors qu’ils ne sont rien de tout ça.
Ils sont autre chose.
Le basculement de maturité
La perspective change radicalement le jour où l’on arrête de vouloir vendre à ses proches…
et où l’on commence à les considérer comme des témoins.
Parce que les proches détiennent quelque chose d’extrêmement précieux.
Ils ont tout l’historique.
Ils se souviennent de nos incohérences.
Ils voient nos angles morts.
Ils retiennent nos défauts avec une précision redoutable.
Et au lieu de fuir ça, on peut l’utiliser.
Non pas pour leur demander d’acheter.
Mais pour leur demander de décrire.
Les questions qui changent tout
Il y a un moment où rendre ses proches acteurs, plutôt que clients potentiels, transforme complètement la donne.
Par exemple, en leur posant des questions simples, mais profondes :
Comment tu me décrirais à quelqu’un qui ne me connaît pas ?
Qu’est-ce que tu penses que je fais naturellement bien ?
Qu’est-ce que tu penses que je fais mal, souvent ?
Dans quoi est-ce que tu ne me ferais jamais confiance ?
Dans quoi, au contraire, tu me demanderais de l’aide sans hésiter ?
Ces réponses ne sont pas toujours agréables à entendre.
Elles peuvent piquer.
Elles peuvent confronter.
Mais elles sont d’une richesse immense.
Parce qu’elles ne viennent pas d’un persona marketing.
Elles viennent de personnes qui t’ont vue évoluer, échouer, te relever, recommencer.
Là où Brand Clarity entre vraiment en jeu
Brand Clarity, ce n’est pas se raconter une belle histoire sur soi.
Ce n’est pas lisser son image.
Ce n’est pas gommer ses aspérités.
C’est accepter de regarder qui l’on est vraiment, avec son histoire, ses forces, ses défauts, ses contradictions.
Les proches ne sont pas là pour valider ton offre.
Ils sont là pour révéler ton identité perçue.
Ils t’aident à comprendre :
- ce que tu dégages,
- ce que tu inspires,
- ce qui est crédible venant de toi,
- et ce qui ne l’est pas.
Quand tu utilises ce regard-là intelligemment, tu construis une marque plus juste, plus incarnée, plus solide.
Et surtout, tu n’es plus dans une attente implicite vis-à-vis de ceux que tu aimes.

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