L’illusion d’un produit qui fonctionne
Tu connais la marque Indesit ?
Si oui, ça veut dire que, comme moi, tu appartiens sans doute à la classe moyenne.
Chez nous, on avait une machine à laver Indesit. Depuis cinq ans.
Cinq ans, ce n’est pas grand-chose pour une machine à laver, non ?
Pourtant, pour les grandes corporations, cinq ans, c’est probablement aussi long que l’âge de l’univers.
Un appareil qui dure cinq ans est un gouffre financier. Il faut donc trouver une solution.
L’obsolescence programmée, ou la logique d’un système
Quelle formidable invention que l’obsolescence programmée.
La continuité parfaite de la logique capitaliste.
Comment feraient-ils si nous gardions nos appareils toute la vie ?
Un seul achat, et puis plus rien.
Les fabricants de frigos, de machines à laver ou de télévisions feraient vite faillite, les pauvres…
Il n’y a qu’une solution acceptable pour ces gens la: il ne faut pas que les appareils durent trop longtemps.
Des scientifiques s’évertuent donc à rendre nos appareils moins performants et beaucoup plus fragiles. Le but étant que ces appareils meurent juste après la garantie, malheureusement obligatoire.
Comment font ces gens pour faire un tel travail, quelque soit le salaire, sachant qu’ils contribuent à l’appauvrissement des populations les plus fragiles et, surtout, à l’appauvrissement de notre pauvre Terre qui se meurt sous nos pieds assassins ?
Revenons à notre sujet du jour
La scène se passe un matin brumeux d’hiver.
Tout est calme dans la maison.
Le mari travaille.
L’enfant est à l’école.
La mère travaille à la maison sur son nouveau projet.
Tout est calme. Trop calme.
Une machine a été lancée une heure auparavant.
Mais elle ne fait pas le même bruit que d’habitude.
Quelque chose ne tourne pas rond.
Ou plutôt… ne tourne pas du tout.
À première vue, tout semble fonctionner correctement.
Mais il y a bien quelque chose qui ne tourne pas : le tambour.
Chercher le problème au mauvais endroit
À ton avis, lecteur technicien se gaussant de son ignorance, quel est le problème ?
A priori, il semblerait que la courroie ait sauté.
Bingo. Tu as trouvé! Enfin, c’est ce que tu crois…
La mère démonte l’arrière de la machine pour accéder à ses entrailles.
La courroie est bien sortie de sa roue.
Le soir, le mari rentre de sa journée de travail éreintante.
Ils essaient ensemble de remettre la courroie en place.
Elle saute.
Ils recommencent.
Elle saute encore.
Plusieurs fois.
À ce moment-là, une question se pose.
Ça coûte combien, une machine à laver ?
Parce qu’en ce moment, ils n’ont clairement pas les moyens.
Une machine correcte, c’est au bas mot 400 €.
Et le plus rageant, c’est que cette machine fonctionne très bien.
Quand toutes les pièces sont correctement coordonnées.
L’impossibilité de réparer
Le mari décide alors d’acheter une nouvelle courroie.
Il part en chercher une.
Il n’en trouve pas.
Évidemment.
Et oui, les corporations font tout ce qui est en leur pouvoir pour que nos appareils cassent vite et plus rien n’est en place pour une réparation quelconque.
Il existe bien un magasin de pièces détachées en ville, mais il n’a pas ça. il vend des ampoules et des chargeurs de téléphone. Pas des courroies de machine à laver.
Le mari persévère et commande une courroie en ligne.
Dans ce pays, si tu commandes un appareil avant minuit, il est livré le lendemain.
Mais pas les courroies de machine à laver ! Ca a pris 4 jours. A croire qu’il fallait la fabriquer spécialement !
Ils installent la nouvelle courroie avec difficulté.
Elle saute.
Encore.
Le vrai problème était structurel
En s’acharnant avec colère, la mère remarque que le moteur, celui là même qui entraîne cette foutue courroie, a du jeu.
Il bouge.
Elle se dit que ca n’est surement pas normal, et que c’est très probablement la raison du problème.
Elle commence donc à enlever le moteur de son socle. Elle comprend alors que le moteur ne tient plus qu’avec deux fixations sur quatre.
Pourtant, il n’y a que deux vis.
C’est parce que les deux autres fixations, ne sont pas fixées avec des vis. Le moteur est tout simplement posé sur deux bites en plastique d’un côté, et deux vis de l’autre.
Si bien qu’aux fils des essorages, les bites en plastique ont fini par céder sous la force centrifuge du tambour plein. 7kg de linge qui tourne à 1400 tours par minutes, ca doit infliger une sacrée force sur ces pauvres bites en plastique.
Les matheux, je vous laisse faire le calcul…
Le système n’était pas défectueux.
Il était mal conçu.
Comprendre pour reprendre le contrôle
Alors, qu’ont-ils fait de leur machine ?
Et bien ils ont trouvé un moyen de fixer le moteur sur le châssis en plastique avec des zips de fixation. Pour l’instant, ca marche !
Ils ne sont pas peu fiers d’avoir défié une nouvelle fois l’oppresseur capitaliste.
Indesit, c’est indécent.
Mais les autres, sont-ils mieux ?
Mais pourquoi je vous raconte tout ça?
Cette histoire ne parle pas seulement d’électroménager.
Elle parle de systèmes conçus pour :
- fonctionner un temps,
- casser au bon moment,
- empêcher toute réparation,
- rendre l’utilisateur dépendant.
Et c’est exactement ce que je vois aujourd’hui chez beaucoup d’entrepreneurs.
Ils changent d’outil.
De stratégie.
De méthode.
De prestataire.
Comme on change une courroie.
Mais le problème n’est pas là.
Brand Clarity, c’est comprendre la structure
Quand la structure est bancale, tout finit par lâcher.
Peu importe la qualité des pièces.
Brand Clarity ne consiste pas à ajouter une nouvelle couche.
Ni à remplacer une pièce de plus.
Brand Clarity, c’est comprendre comment ton système fonctionne réellement.
Identifier ce qui tient.
Ce qui force.
Ce qui finira par casser.
Pour que tu puisses
- réparer au lieu de remplacer.
- reprendre le contrôle.
- construire quelque chose qui tient dans le temps.
Parce qu’un système que tu comprends est un système que tu peux faire évoluer.
Et plus personne ne peut te le confisquer.

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